Une homélie de fr. Martin Neyt
Dieu accompagne et libère son peuple
« Faites mémoire de ce jour-ci, où vous êtes sortis du pays d'Egypte, de la maison de servitude ; car d'une main forte le Seigneur vous a fait sortir d'ici » (Ex.13, 3). La parole de Moïse résonne d'âge en âge, au-dessus de toutes les dominations et la sortie d'Egypte est devenue l'un des symboles majeurs de la délivrance et de la liberté. Voici une nouvelle étape où Moïse est appeler par Dieu à libérer son peuple de l'esclavage en Egypte.
Moïse, alors berger, fait paître le petit troupeau de Jéthro, son beau-père, le prêtre de Madian. Il mène ce bétail au-delà du désert et arrive au mont Horeb, la montagne de Dieu. Un ange de Yahweh lui apparaît dans une flamme de feu d'un buisson ardent. Celui-ci brûle d'un feu, mais le buisson n'est pas consumé. Moïse fait un détour pour s'approcher. Il est prêt à changer d'orientation pour aller vers l'inconnu. Alors qu'il s'approche, Dieu l'interpelle : « N'approche pas d'ici. Ôte les sandales de tes pieds, car le lieu où tu tiens est une terre sainte ». Cette demande est un appel à la purification et à l'humilité devant le Créateur. Moïse écoute ce nouveau signe qui lui est demandé : « Je suis le Dieu de ses Pères, Abraham, Isaac et Jacob ». Dieu s'inscrit dans la tradition des Patriarches, tous bergers, pasteurs de leur troupeau, conduisant le peuple d'Israël vers sa libération. Dans cet épisode avec Moïse, Dieu renforce son Alliance avec son peuple. Il ne les abandonne pas. Il est le cœur de leur espérance et que son peuple vive libre.
Dieu s'identifie auprès de Moïse comme étant le Dieu de ses Pères Abraham, Isaac et Jacob. Alors Moïse détourne son visage : il redoute de regarder Dieu en face. (Philon écrit qu'il est impossible pour une nature mortelle de voir Dieu tel qu'il est). C'est alors que Dieu donne sa mission à Moïse : Cette apparition s'inscrit dans une relation d'alliance. De même qu'Il avait promis à Abraham de mener son peuple dans un pays beau et vaste, un pays ruisselant de lait et de miel, cette promesse est réaffirmée à Moïse dans le même esprit.
Yahweh s'engage totalement et s'adresse à un homme pour l'aider. Moïse se sent incapable d'honorer une telle demande. Mais Dieu insiste. Il a besoin de Moïse pour le représenter : « Va, dit-il, je serai avec toi. » « Mais, Qui es-tu ? » Malgré cette expérience inouïe du buisson ardent, Moïse reste indécis. Dieu alors se définit comme « Je Suis celui qui suis ».
Jésus, fils du Dieu vivant, affirmera de son côté, son identité divine quand il rappellera à ses disciples : « Lorsque vous aurez élevé le Fils de l'homme, vous connaître que « Je Suis » (Jn 8. 28), en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, Je Suis (Jn 8. 58), je suis le pain de vie (Jn 6, 35), je suis la lumière du monde (Jn 8.12), je suis la porte (Jn 10. 7), Je suis le bon berger (Jn 10. 9), je suis la résurrection et la vie (Jn 11.25), vous croirez que Je Suis (13. 19), je suis le chemin, la vérité et la vie (Jn 14.26), je suis la vraie vigne (Jn 15. 1) ». Ainsi, bien plus tard, Jésus reprend pour lui cette définition de l'éternité de l'Eternel qui se situe au-delà de nos réalités temporelles. Ici, malgré que Moïse ne se sente pas à la hauteur d'une telle mission, Dieu lui déclare : « Je serai avec vous jusqu'à la fin des temps ».
Quand le maître se décrit dans la parabole du figuier qu'il ne détruit pas l'arbre ne portant pas de fruit mais qu'il entend le soutenir avec des engrais et patienter, il manifeste sa patience malgré nos fautes. Sa compassion et sa patience sont sans limite car son Alliance est de toujours à toujours. Il en va de même pour l'incident des Galiléens qui meurent ou les dix-huit mort sous l'écroulement de la tour de Siloé. Laissons Dieu être Dieu et faisons-lui confiance pour libérer et guérir son peuple. « Je suis qui je suis » Dès avant les temps, durant chaque moment de l'histoire, spécialement quand le Logos se fait chair et qu'il vient habiter parmi nous, Dieu est au-delà des temps et guide son peuple vers la liberté du Royaume des cieux.
Je terminerai cette homélie par la lecture de Saint Paul qui rappelle ceci. Lors de la sortie d'Egypte, nos pères étaient tous sous la protection de la nuée et tous ont passé à travers la mer. Tous ont mangé la même nourriture spirituelle, tous ont bu la même boisson spirituelle. Car ils buvaient à un rocher spirituel, le Christ. Nous aussi, nous recevons le Corps et le Sang du Christ. Et nous célébrons l'eucharistie en mémoire de lui jusqu'à la fin des temps. Si nous « faisons mémoire de Lui », c'est avec un semtiment de gratitude, de bonheur et d'espérance.
En ces jours-là, Moïse était berger du troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l'Horeb. L'ange du Seigneur lui apparut dans la flamme d'un buisson en feu. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ? » Le Seigneur vit qu'il avait fait un détour pour voir, et Dieu l'appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » Dieu dit alors : « N'approche pas d'ici ! Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ! » Et il déclara : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob. » Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu. Le Seigneur dit : « J'ai vu, oui, j'ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j'ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, vers un pays, ruisselant de lait et de miel. Maintenant donc, va ! Je t'envoie chez Pharaon : tu feras sortir d'Égypte mon peuple, les fils d'Israël. » Moïse répondit à Dieu : « J'irai donc trouver les fils d'Israël, et je leur dirai : ?Le Dieu de vos pères m'a envoyé vers vous.' Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? » Dieu dit à Moïse : « Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d'Israël : ?Celui qui m'a envoyé vers vous, c'est : Je-suis'. » Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d'Israël : ?Celui qui m'a envoyé vers vous, c'est Le Seigneur, le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob'. C'est là mon nom pour toujours, c'est par lui que vous ferez mémoire de moi, d'âge en d'âge. »
- Parole du Seigneur.
Ex 3, 1-8a.10.13-15
Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être ! Bénis le Seigneur, ô mon âme, n'oublie aucun de ses bienfaits !
Car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie ; il réclame ta vie à la tombe et te couronne d'amour et de tendresse.
Le Seigneur fait ?uvre de justice, il défend le droit des opprimés. Il révèle ses desseins à Moïse, aux enfants d'Israël ses hauts faits.
Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour ; Comme le ciel domine la terre, fort est son amour pour qui le craint.
Ps 102 (103), 1-2, 3-4, 6-7, 8.11
Frères, je ne voudrais pas vous laisser ignorer que, lors de la sortie d'Égypte, nos pères étaient tous sous la protection de la nuée, et que tous ont passé à travers la mer. Tous, ils ont été unis à Moïse par un baptême dans la nuée et dans la mer ; tous, ils ont mangé la même nourriture spirituelle ; tous, ils ont bu la même boisson spirituelle ; car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher, c'était le Christ. Cependant, la plupart n'ont pas su plaire à Dieu : leurs ossements, en effet, jonchèrent le désert. Ces événements devaient nous servir d'exemple, pour nous empêcher de désirer ce qui est mal comme l'ont fait ces gens-là. Cessez de récriminer comme l'ont fait certains d'entre eux : ils ont été exterminés. Ce qui leur est arrivé devait servir d'exemple, et l'Écriture l'a raconté pour nous avertir, nous qui nous trouvons à la fin des temps. Ainsi donc, celui qui se croit solide, qu'il fasse attention à ne pas tomber.
- Parole du Seigneur.
1 Co 10, 1-6.10-12
Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l'affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu'ils offraient. Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. » Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu'un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n'en trouva pas. Il dit alors à son vigneron : ?Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n'en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?' Mais le vigneron lui répondit : ?Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l'avenir. Sinon, tu le couperas.' »
- Acclamons la Parole de Dieu.
Lc 13, 1-9